nicholas
bellefleur


                                                                                         







Artiste indisciplinaire, chorégraphe et enseignant, Nicholas Bellefleur explore un monde en constante mutation — queer, post-humaniste et radicalement vivant — dans lequel l’art, la danse et être ensemble deviennent un espace de soin, de résistance et de métamorphose. 

Après avoir collaboré de près avec Andrea Peña, Virginie Brunelle et Wynn Holmes, Bellefleur fonde le proto studio à Tiothiake (Montréal), un centre d’art auto-géré, un lieu pour la danse, la résistance et la coexistence. Un lieu des possibles où toute personne détenant un corps peut danser. 

créationsCOWORKER
MIRAGE CORPORATIF
404: MOTHER NOT FOUND
RAVERIE
LA NUIT NOUS APPARTIENT
A SAFE(R) SPACE


classesQUALIA
PRAXIS
LFDTCLASS
SLOWCLASS


textesLa performance en tant que pratique. La pratique en tant que performance.Rester vaste dans un monde qui se rétracte.Cracked Open: On Social Life and the Gift of Friction.Rave is not retreat : faire la fête en temps de crise.Où finit la tendresse et où commence la violence ? 
Entre reflet et alternatives : l’artiste face au déficit collectif de l’imagination.
Danse, jeu et pensée critique : pour une pédagogie incarnée de la créativité.
Meat Factory: and why we need more spaces that don’t give a fuck.



PROTO

CONTACT


© BELLEFLEUR 2027








PresseLE DEVOIR 
Débinariser la danse
12 août 2023

LE DEVOIR
Une première chorégraphie québécoise co-produite par La Biennale de Venise,
27 juin 2023

LE DEVOIR
Les dansseurs demandent « Révolution » d’améliorer les conditions de travail 
4 août 2021







Créations/ Diffusion COWORKER
Festival Quartiers Danses 2025
DAC’OR 2025 (extrait)

MIRAGE CORPORATIF x COWORKER
proto studio 2025

404: MOTHER NOT FOUND
Meat Factory 2025
Fringe MTL 2025

Ouverture de
ROYALMOUNT 2024

RAVERIE
Fierté MTL 2024

LA NUIT NOUS APPARTIENT
Festival Carrefour 2024-25

A SAFE(R) SPACE
Tangente 2022
Vue sur la Relève 2021
Short & Sweet 2020 (extrait)
Festival Quartiers Danses 2019




CollaborationsAndrea Peña / AP&A
Virginie Brunelle
Wynn Holmes / LFDT
Dave St-Pierre
Dana Gingras / AOD
Sébastien Provencher
Harold Rhéaume (FDD)
Les 7 doigts / 7 Fingers
Fleuve Espace Danse
Gioconda Barbuto




Expérience de scène
La Biennale di Venezia
Sadler’s Wells
Espace Go
Théâtre Maisonneuve
Lugano Arte e Cultura
Opéra de Paris 
London Opera House
Théâtre St-Denis
Le Grand Théâtre de Québec



Expérience à l’écranL’amour, le danger, vidéoclip
Ariane Moffatt, Soleil Denault
2025

MANIFESTO 6.58, film de danse
Andrea Peña & Artists
2022

CUBED, vidéoclip
Baile, House of Youth
2021

Passepied, vidéoclip
Jean-Michel Blais
2021

LE.DÉFI.DE.L’AMOUR., vidéoclip
Lumière
2021

Danser, docu-fiction
Artv 2014

ILS DANSENT! avec Nico Archambault, série documentaire
Radio-Canada, TV5
2011






Thank you for being you

Rester vaste dans un monde qui se rétracte.








photo: Kristina Hilliard 2025

PROTO STUDIO

Rester vaste dans un monde qui se rétracte.


Si on se connaît maintenant, si on croise plus souvent qu’avant, c’est parce que le proto studio existe. Avant même d’être un lieu, le proto a été une hypothèse : et si la sérénité n’était pas l’absence de friction, mais la possibilité de respirer au milieu du bruit ? Créer un espace autonome, fragile, bricolé, collectif — c’était déjà un acte politique. Un refus de contracter avec la logique dominante où chaque geste est une donnée monnayable, chaque clic un petit tribut vers le haut de la pyramide.

Quand je regarde le paysage culturel actuel, saturé de crises, de coupes, de surveillance, de moralisation algorithmique et d’injonctions performatives, j’ai parfois l’impression que l’air se raréfie. Que nos corps (qui sont nos outils de travail) doivent fonctionner dans un climat d’hypervisibilité et d’hypercontrôle. C’est une forme de censure diffuse et insidieuse. On confond le courage pour de la prise de risque car on ne nous interdit presque rien explicitement ; on nous rend simplement la marge trop étroite pour que le risque nous semble possible.
Le proto studio est né précisément contre cette contraction. Non pas comme un refuge, mais comme un dilatateur : un espace qui agrandit la capacité de penser, de rater, de brouiller, de recommencer. Là où les projets peuvent naître sans devoir immédiatement se justifier, se vendre ou se normaliser. Un endroit où l’on peut se permettre de ne pas savoir — ce qui, aujourd’hui, est devenu un luxe radical.

C’est dans cette zone de liberté concrète et quotidienne que COWORKER et MIRAGE CORPORATIF ont pu s’enraciner. Leur gravité, leur momentum, leurs questions, leurs glitchs, leur humour et leur vulnérabilité viennent de là : d’un espace qui m’a permis d’être trop, pas assez, excessif, hésitant, hasardeux, maladroit, visionnaire, fatigué, exalté. Bref, vivant.


Créer, aujourd’hui, exige une forme de persistance presque obstinée :
— persister à exister comme artiste dans un paysage colonisé ;
— persister à rendre nos corps indisciplinés dans un monde qui rêve d’efficacité ;
— persister à se rassembler quand tout pousse à la dispersion ;
— persister à chercher des formes nouvelles plutôt qu’à optimiser les formes existantes.

La sérénité, pour moi, n’est pas un état intérieur individuel. C’est un milieu.
Elle se fabrique collectivement.
Elle se cultive par l’espace, la disponibilité, la générosité.
Elle est rendue possible par des lieux comme le proto, qui refusent la rareté et choisissent l’abondance relationnelle.

Alors, comment continuer à créer quand tout se rétracte ?
En ré-ouvrant, encore et encore, des espaces où l’on peut prendre le risque d’être authentique — même si cette authenticité dérange, dépasse ou déborde.
En bâtissant, par nos mains, nos ressources et nos alliances, des environnements où nos imaginaires peuvent respirer sans permission.

En cultivant ensemble la possibilité du vaste.
PROTO STUDIO

Staying Vast in a World That Is Shrinking


If we know each other now, if we cross paths more often than before, it’s because proto studio exists. Before it was even a place, proto was a hypothesis: what if serenity wasn’t the absence of friction, but the capacity to breathe in the middle of noise? Creating an autonomous, fragile, makeshift, collective space was already a political act. A refusal to contract with the dominant logic where every gesture becomes monetizable data, every click a tiny tribute sent up the pyramid.

When I look at the current cultural landscape, saturated with crises, cuts, surveillance, algorithmic moralization, and performative injunctions, I sometimes feel the air thinning. Our bodies (our tools of labor) are expected to function in a climate of hyper-visibility and hyper-control. It’s a diffuse, insidious form of censorship. We confuse courage with risk-taking because almost nothing is explicitly forbidden; the margin is simply made too narrow for risk to feel possible.

Proto studio was born precisely against this contraction. Not as a refuge, but as a dilator: a space that expands our capacity to think, to fail, to blur, to begin again. A place where projects can emerge without needing to immediately justify themselves, sell themselves, or normalize themselves. A place where not knowing is allowed—something that has become a radical luxury today.

It is within this concrete, everyday zone of freedom that COWORKER and MIRAGE CORPORATIF were able to take root. Their weight, their momentum, their questions, their glitches, their humor, and their vulnerability come from there: from a space that allowed me to be too much, not enough, excessive, hesitant, reckless, awkward, visionary, tired, elated. In other words: alive.


Creating today requires a kind of almost obstinate persistence:
 — persisting in existing as an artist within a colonized landscape;
 — persisting in keeping our bodies unruly in a world obsessed with efficiency;
 — persisting in gathering when everything pushes us toward dispersion;
 — persisting in seeking new forms rather than optimizing existing ones.

Serenity, for me, is not an individual interior state. It is a milieu.
 It is built collectively.
 It is cultivated through space, availability, generosity.
 It becomes possible through places like proto, which refuse scarcity and choose relational abundance.

So how do we keep creating when everything is shrinking?
 By re-opening, again and again, spaces where we can risk being authentic—even when that authenticity disturbs, exceeds, or spills over.
 By building, with our own hands, resources, and alliances, environments where our imaginations can breathe without permission.

By cultivating, together, the possibility of the vast.






Texte écrit par 
Nicholas Bellefleur 2025








© BELLEFLEUR 2027